Rencontre avec le peintre Didier Caudrelier

Episode 1

Le cheminement de l’inconscient

(# abstraction figurative)

« … de la pensée à un tableau, il n’y a que des yeux clos. »      Didier Caudrelier

Dans l’atelier de l’artiste …

Pourquoi la peinture ?

« Le pourquoi ? … je ne sais pas ! par contre comment cela est arrivé ? … oui ! Tout d’abord très jeune j’expérimentai sur un support quelconque avec des éléments naturels qui étaient à ma portée minéraux ou végétaux; ensuite le dessin arriva à l’adolescence, il pouvait servir à quelque chose … à communiquer, à remplacer mes mots. La peinture est arrivée tardivement  lors d’une rencontre au service militaire … »

Quels sont les sujets ou les sources qui t’inspirent ?

« La nature et l’être humain, l’histoire des gens, de l’humanité, le pourquoi ? le comment ? la nature et son enracinement, etc etc … »

Comment se formulent tes idées ?

« Il n’y a pas d’idées, le départ de chaque oeuvre est complètement aléatoire …   »

Quel est ton mode opératoire ?

« Je travaille à la manière du teste de Hermann Rorschach qui consiste à regarder une tâche et de dire ce que l’on voit. Donc … aléatoire … je balance si c’est du dessin c’est des traits dynamiques du gribouillage; si c’est de la peinture c’est du dripping, des projections etc … et ensuite je regarde … je tourne le support … je regarde à nouveau et je vois les images apparaître à l’intérieur de cet oeuvre abstraite alors je fais apparaître aux « regardeurs » à coup d’ombres et de lumières. Mon moi , mon inconscient voit à l’intérieur … »

Est ce que tous les états d’âme sont propices à la création ?

« J’ai envie de dire je ne sais toujours pas … mais ! … il me semble que … oui ! … il me semble … je n’y ai jamais réfléchi ! … c’est très variable comme je peins dans l’aléatoire, dans l’abstraction … c’est mon inconscient avec ses états d’âmes qui parle et va déterminer la direction que va prendre l’oeuvre. »

Quel rôle donnes-tu au hasard (l’aléatoire) ?

« Cela dépend du travail réalisé dans l’abstraction qui est plus ou moins poussé. Je peux en revanche vous expliquer comment cela est arrivé, un jour où je n’arrivai pas à faire dans d’idée de faire, et j’ai tout balancé, j’étais à l’extérieur et donc ma toile qui était fraîche c’est vu recouverte de choses diverses et variées de la nature. Je suis rentré chez moi. Quelques temps plus tard j’ai repris ma toile et j’ai vu apparaître des choses et c’est là que tout a commencé, j’y ai mis des ombres et des lumières … j’ai trouvé intéressant ce principe de trouver quelque chose qui n’était pas créé volontairement et de le faire apparaître aux yeux des autres. »

Perçois-tu les choses différemment après les avoir “retranscrites” ?

« Cela peut arriver, cela dépend du sujet qui est apparu … commencer à figurer l’apparition, revenir deux jours après, regarder, continuer de faire ou pas ! parfois différemment de ma vision du début, je n’ai pas de ligne directrice par contre avec l’expérience du travail sur certaines œuvres, je m’interdit d’y toucher et j’attaque un autre travail pour éviter d’aller ailleurs … »

La dimension esthétique est-elle présente ou importante dans ton travail ?

« Est-ce que c’est beau ? cela m’importe peu. Le but s’il y en avait un ! c’est que les « regardeurs » puissent percevoir quelque chose qui soit intérieur, viscéral et non pas comme un écrit linéaire ou une ligne d’esthétisme, j’aimerai que le regardeur soit interpellé. »

Vous pouvez retrouver Didier Caudrelier sur son site ou sur Facebook

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